22/06/19 : Chateau de Champlitte : "Le Mexique"

Magnifique EXPOSITION !

18/06/19 : Remise des prix écoles par l'ANACR70

27/05/19 : Concours Résistance et Déportation

06/04/19 : Parade vénitienne VESOUL

17/03/19 : Course des ruelles, COLOMBIER pour ELA

24/02/19 : Les aînés de Colombier

22/01/19 : Tradition, la St Vincent à CHAMPLITTE

La tradition de la Saint-Vincent perdure

La fraternité d’abord et avant tout. Et puis la tradition, comme le partage d’un bien commun qui réunit et associe. Et puis le terroir et la foi. La 407e  Saint-Vincent de Champlitte n’a manqué d’aucun de ces ingrédients.

On pourrait croire qu’on assiste à un tournage d’un film historique avec ses décors et ses costumes d’époque. Il manque juste la caméra et le cinéaste. C’est pour de vrai que les Chanitois font revivre leur passé, font vivre leurs traditions, et s’associent chaque année pour cette Saint-Vincent à grand spectacle.

D’abord, le porte-fanion habillé en viticulteur qui ouvre la marche. Il y a les enfants en cape rouge, les dignitaires du clergé, les confréries en grande tenue, le groupe folklorique en habit traditionnel et puis la foule. Des habitués, des fidèles, des gens de foi, des curieux, quelques touristes. Le froid piquant est plus supportable que la lourde pluie de l’année dernière. Et que le verglas d’avant qui rendait la procession acrobatique. On se souvient de Saint-Vincent épiques, on s’en rappelle aussi quand le regard portait à peine plus que les tables où l’on sert le vin blanc. « J’étais tout gosse, moi », dit un vénérable en tenue du dimanche. « Je venais avec mes parents. Il n’était pas question de ne pas être là un jour de Saint-Vincent ».

D’abord les épousés de l’année. Angeline Lafosse et Baptiste Baulard et toutes les promesses de leur petite famille. Un chapeau pour lui, un bouquet pour elle. L’espoir pour commencer.

Des traditions pour faire vivre la mémoire

Le défilé jusqu’à la statue sur la Place de la Gargouille. Et puis retour à l’église pour une messe sans l’abbé Demard, hospitalisé la veille.

C’est lui qui aurait dû célébrer l’office et c’est aussi lui qui devait rendre la statue de Saint-Vincent après avoir veillé sur elle pendant l’année écoulée. Chacun, dans l’assistance, a eu une pensée pour l’abbé, véritable figure tutélaire de Champlitte et de toute la Haute-Saône. Et plus encore, c’est grâce à lui que la Saint-Vincent de Champlitte est devenu un temps fort de la fraternité et de l’amitié.

Dans l’assistance, des religieuses mexicaines et philippines, des visiteurs venus de parfois très loin. Un peu de chaque continent pour un acte d’ouverture chaque fois renouvelé depuis 407 ans.

De nombreux messages de soutien, d’amitié et de solidarité ont été adressés à l’abbé Demard pour qu’il trouve encore les forces nécessaires au combat qu’il mène contre la maladie.

Après l’office haut en couleur, place aux confréries qui elles aussi s’érigent en gardiennes des traditions pour faire vivre la mémoire de plus de mille ans d’activités viticoles dans cette merveilleuse cité comtoise.

Le 22 janvier, le temps s’arrête à Champlitte. Et la tradition, là-bas, ce n’est pas du cinéma.

Didier FOHR (Est Républicain)

Mgr Jean-Luc Bouilleret archevêque de Besançon, Madame Jocelyne Ferraris, Monsieur François Xavier Loth, Monsieur Jean-Paul Borsotti, Monsieur Pierre Rougeol, Monsieur Patrick Pelletier, Monsieur Pascal Magnin, Madame Thérèse Balloch, Madame Nicole Contet, Mesdames Theurel (Rakel, Lucy et Debby), Madame Pauline Montagne, et Monsieur Roland Belin

Les Français de Chihuahua

 « C’est très important pour nous d’être ici. Je suis venu une quinzaine de fois. Cette fois, c’est avec mes trois filles. Ce sont nos racines, nos origines. Et nous sommes d’abord Français. Nous en sommes très fiers ».

Les ancêtres d’Ernest Theurel ont quitté comme tant d’autres la petite ville de Champlitte en 1833 pour s’embarquer, depuis Le Havre, jusqu’à Veracruz au Mexique. Ils ont alors fondé la ville de San Rafael.

« On a toute l’histoire », dit Ernest Theurel. « Mon grand-père et mon père me l’ont racontée. Et c’est étonnant d’être ici près de 175 ans après. J’ai toujours fait attention à conserver cette histoire. Aujourd’hui, mes filles parlent français. Nous sommes venus en famille ».

Debby, Lucy et Rakel accompagnent leur papa. Ils ont tous conservé la nationalité française, par tradition familiale.

« Nous habitons à Chihuahua. Je suis chirurgien esthétique là-bas. Notre vie est là-bas mais nous voulons conserver nos racines. C’est très important. Nous sommes les descendants de gens qui ont vécu une histoire incroyable. Ils ont fondé une petite ville, San Rafael et ont conservé leurs traditions. Nous parlons français souvent entre nous, dans la famille. Et nous adorons être ici.»

Ernest est intronisé depuis longtemps dans la confrérie des houes d’or. Il revient à la Saint-Vincent aussi souvent qu’il le peut. Et maintenant, ses filles aussi prennent le relais de cette longue tradition familiale fidèle aux origines.

Didier FOHR (Est Républicain)

L'abbé Jean-Christophe Demard étant absent, j'ai eu l'immense honneur de le remplacer lors de la remise des Houes d'Or.

Ici avec Monsieur Roland Belin.

La PRESSE DE VESOUL (24/01/18)